Montignac
Êtes-vous fait pour sa méthode ?
ABO VIE sur www.abovie.com

> Choix "Articles de Julie" <

La méthode d’amaigrissement de  Michel Montignac a fait des ravages, notamment en France, en Hollande et, depuis quelque temps, au Québec.  Tout le monde en a donc entendu parler, d’une façon ou d’une autre… Mais saviez-vous que ce régime ne convient pas nécessairement à tous et à toutes ?

PAR JULIE

Me voilà en ce jeudi après-midi à attendre M. Montignac au bureau des éditeurs de son tout dernier livre :  Je  mange, je maigris et je reste mince !  Une édition revue et augmentée, et surtout adaptée pour les Québécois.  J’avais planifié une liste de questions sur la méthode, mais ce fut finalement l’homme derrière Montignac qui retint toute mon attention.

Il arrive en retard.  Il revient d’une entrevue radiophonique qui s’est prolongée.  Il nous serre la main sans même nous regarder.  Mauvais signe…  Je me présente, en lui spécifiant que je ne suis pas une nutritionniste «classique», que je ne tiens pas compte des calories à  la manière de celles qu’il dénonce vivement.  Avant même que je ne pose une seule question, il tient à me rappeler pourquoi il conteste l’approche énergétique véhiculée par les professionnels de la santé, et qui demeure la position officielle en ce domaine.  Il m’explique ensuite que ce n’est pas parce qu’il n’a pas de diplôme scientifique, comme ses opposants s’empressent de lui reprocher, qu’il doit être rejeté.  (Je suis bien d’accord avec lui, car les gens qui n’ont pas de diplôme ont souvent des intuitions qui se révèlent justes et même révolutionnaires;  c’est qu’ils n’ont pas le cerveau enseveli sous de multiples enseignements souvent dépassés, mais qui demeurent en mémoire.)  Il ajoute qu’ayant lui-même été obèse durant plusieurs années, il a l’obsession de trouver la réponse à ce problème et de comprendre ceux qui en souffrent.  Il me souligne enfin qu’il a seulement repris les travaux d’autres chercheurs, et qu’il n’a pas la prétention d’avoir inventé quoi que ce soit.  Je profite d’une petite interruption pour lui lancer ma première question.

Pour ceux et celles qui ont lu vos livres précédents et qui suivent vos enseignements, quelles nouveautés découvriront-ils dans ce dernier ouvrage ?

bullet

D’abord, comme premier aspect, j’ai affiné la méthode, c’est-à-dire que certains aliments que j’excluais ont été réintroduits, par exemple, la carotte.  Les recherches ont démontré que l’index glycémique d’un glucide peut varier en fonction de plusieurs paramètres.  Par exemple, la cuisson (la carotte crue a un index très bas, tandis que la carotte cuite a un index élevé), la variété de l’espèce (le riz blanc ou glutineux a un index élevé, tandis que celui du riz basmati est bas), le raffinage et les traitements industriels (farine blanche, céréales en boîte style Corn flakes et Rice Krispies, etc.)  Mais ce qu’il y a de plus important, c’est que les gens s’étant familiarisés avec l’indice glycémique dans mes premiers livres, grâce à celui-ci, ils vont pouvoir eux-mêmes voir à ses variations.

bullet

Le deuxième aspect, c’est la mesure de la résultante glycémique d’un repas pour la phase 2 de la perte de poids, ce dont je ne tenais pas compte dans mon premier livre [ce que plusieurs professionnels lui reprochaient].  Si on se permettait de petits écarts et que la balance accusait un retour de surpoids, on devrait retourner en phase 1.  Et certains faisaient tellement d’écarts qu’ils engraissaient de nouveau.  [De plus, plusieurs demeuraient dans cette phase de peur de réengraisser et cela amenait des déficiences, car le régime était assez strict dans les choix.]  Alors, j’ai beaucoup réfléchi avec tous ceux qui travaillent avec moi, notamment les médecins, et j’ai redéfini cette phase à partir du concept de résultante glycémique, ce qui est complètement nouveau.  Si vous n’avez qu’une seule chose à relire, c’est le chapitre qui traite de cette question.

Pouvez-vous nous la résumer ?

L’idée principale, c’est qu’on a ajouté un paramètre, le pourcentage de glucides purs.  Vous pouvez faire un écart important sur les carottes cuites (malgré qu’elles aient un indice glycémique élevé), car elles ne contiennent que 6 grammes de glucides par 100 grammes, alors que si l’écart porte sur les pommes de terre frites, qui contiennent 33 grammes de glucides par 100 grammes, vous risquez davantage de prendre  du poids.  [Voilà un concept qui se rapproche davantage de la diététique traditionnelle et qui va plaire aux nutritionnistes...]  Ensuite, si l’écart, c’est-à-dire la consommation d’un glucide à indice glycémique élevé (exemple : une sucrerie) a lieu à la fin du repas, son incidence sur le poids sera moindre.  Donc, si je me propose de terminer avec des petits gâteaux, je vais en prévenir les inconvénients en mangeant au préalable des légumes verts afin d’abaisser la résultante glycémique de mon repas.

La recommandation de débuter son repas avec des crudités ou une salade est donc renforcée par vos principes ?

En effet, car la majorité des légumes crus ont un indice glycémique très faible et contiennent très peu de glucides par 100 grammes.

J’ai été surpris par le fait que certains aliments aient été classés à index glycémique bas et donc ajoutés à la liste, par exemple les figues, les abricots séchés et la patate douce.

J’ai été le premier à l’être!  Mais ils sont effectivement à index glycémique bas.

RÉGIME ET GROUPE SANGUIN

Les spécialistes qui contestent le raisonnement de Montignac expliquent les résultats de sa méthode en affirmant que c’est parce que le régime contient une haute teneur en protéines. Et puisque ces dernières ont un effet de satiété rapide, elles permettront donc de consommer moins de calories.  Ce qui n’est pas faux, mais selon moi incomplet… C’est pourquoi je désirais exposer à mon interlocuteur les résultats de mes propres observations à ce sujet.  Pour ce faire, il ne me manquait qu’une information qui viendrait conforter mon intuition.  C’était la question à 1000  $ que je m’apprêtais à lui poser et dont je souhaitais vivement qu’il connaisse la réponse.

M. Montignac, quel est votre groupe sanguin ?

Euh !… je suis de groupe O négatif.

Eurêka !  Ma théorie et, surtout, mon expérience clinique se confirment.  Le régime Montignac fonctionne davantage avec les gens du groupe O et du  groupe B qu’avec ceux du groupe A.  Il en est de même pour Le régime du juste milieu dans votre assiette, de Barry Sears, encore moins efficace pour les groupes A, car les légumineuses n’y sont pas permises.

Comme Michel Montignac ne connaissait pas la théorie de Peter J.  D’adamo, selon laquelle le régime doit varier en fonction du groupe sanguin, je lui en ai fait part, de même que de mes observations depuis un an.  Les personnes du groupe A qui  m’avaient consultée en vue de perdre du poids n’avaient pas obtenu avec sa méthode autant de succès que leurs collègues O et s’étaient même souvent mal portées durant cette période.  Normal, selon D’Adamo, les groupes A ne sont pas faits pour manger autant de protéines et si peu de céréales.  Alors que c’est totalement l’inverse pour les groupes O qui se sentent bien avec un régime riche en protéines et très faible en céréales.  Les produits céréaliers tel le blé ne sont consommés que depuis environ 10 000 ans, alors que le groupe O existe depuis plus de 50 000 ans.  Son organisme n’est donc pas équipé pour bien les tolérer.

Les recherches rapportées par D’Adamo ont démontré que chez les groupes O, le blé, le maïs et la pomme de terre interfèrent avec l’insuline : les lectines (types de protéines) qu’ils contiennent bloquent les récepteurs d’insuline, ce qui nuit à leur efficacité et provoque une insulinorésistance. (Ce phénomène dégénère bientôt en cercle vicieux, où  le corps produit à nouveau de l’insuline.  C’est cet hyperinsulinisme qui, à cause du stokage anormal de graisses qu’il entraîne, est responsable de la prise de poids).  Chez le groupe A, ce sont d’autres types d’aliments qui font engraisser.  À mon   avis, les index glycémiques sont donc variables selon les divers groupes sanguins.

L’auteur du célèbre régime a démontré beaucoup d’intérêt pour la question. «Je trouve cela passionnant ces trucs-là».  Il s’est empressé de me demander s’il existait un ouvrage sur cette théorie (voir Ressources, à la  fin de cet article), qu’il allait le dévorer dans l’avion dès qu’il aura terminé la tournée promotionnelle de son nouveau livre au Québec… Pour ensuite ajouter : «Alors là, vous m’éclairez sur certains points…»   

L’entrevue se termine après deux heures de discussions qui auraient pu se prolonger davantage, tellement on avait à se dire… J’avais imaginé un businessman froid, peu sympathique; j’ai découvert un homme passionné, curieux, intelligent, sensible à l’environnement, aux causes humanitaires et à la psychologie.  Il a notamment été directeur du personnel pendant douze ans, durant lesquels il a mis au point des outils géniaux pour évaluer des candidats et choisir le meilleur.  Contrairement à ce que l’on  pourrait croire, ce n’est pas qu’un homme d’argent; par exemple, il réinvestit 75 % de ses revenus dans la recherche.  Sa femme et lui vivent, entourés d’animaux, sur une propriété de 50 hectares, dans le sud-ouest de la France, où il a mis sur pied des cultures biologiques expérimentales et un centre de recherche où il emploie une équipe de huit personnes (chercheurs, médecins, nutritionnistes, documentalistes, etc.).  Il se préoccupe aussi de causes environnementales, telle la déforestation.  Ses diverses études ont porté notamment sur les  aliments biologiques, où encore sur la valeur nutritive des anciennes souches de graines versus les nouvelles variétés.  Bref, un homme polyvalent, habile de ses mains et qui réussit tout ce qu’il entreprend. «We keep in touch!» me lance-t-il en bon français (!), avant de partir de chez Flammarion. « Pour sûr, que je lui réponds, en bon québécois… Je vous tiens au courant!».

Ressources

bullet

«Je mange, je maigris et je reste mince !», 
Michel Montignac, Ed. Flammarion, 1999.

bullet

«Recettes et menus santé»
Michel Montignac, conçus par Isabelle Lacombe et Nathalie Chaput, Ed.
Trustar, 1998.

bullet

«Eat Right for your Type», 
Peter D’Adamo, Ed. G. P. Putnam’s Sons, 1996

bullet

Site Internet  (beaucoup plus à jour que le livre) :  http://www. dadamo. Com

________________________________

JE MONTIGNAC,
TU MONTIGNAC…

Montignac fait fureur en Hollande. La reine de ce pays en a même parlé dans son message annuel, et  un chanteur très connu lui a dédié une chanson.

Weight-Watchers a fait faillite en France à cause de lui.

En Europe, on conjugue le verbe : je Montignac, tu Montignac, etc. Et les policiers ont même une opération Montignac, qui consiste au dégraissage du banditisme.

L’institut de la consommation du gouvernement français a publié un document l’an dernier qui démontrait l’impact de la méthode

-         (7 millions d’exemplaires vendus, dans 25 pays, depuis 10 ans, sans compter le bouche à oreille…)

-         sur la consommation alimentaire : les ventes de légumes verts ont augmenté de 22 % tandis que celles du sucre ont diminué de 25 % et celles des pommes de terre, de 14 %.

 

CRITIQUE de la méthode

POINTS FAIBLES

bullet

Fructose 
Puisque son indice glycémique est bas, qu’il  est suggéré par M Montignac et, surtout, parce qu’il est présent dans la majorité des desserts d’un livre de recettes québécois écrit par deux techniciennes en diététique, les gens utilisent le fructose à outrance.  Ce qui, à mon avis, est une erreur. D’une part, parce que cela entretient le goût du sucre, mais surtout, parce que les obèses et les diabétiques doivent en limiter la consommation, car il fait augmenter dans le sang un type de gras appelé triglycérides. Personnellement je ne le recommande jamais à mes clients pour la confection des desserts.  La consommation occasionnelle de produits qui en contiennent est cependant sans danger.  
.

bullet

Les barres de chocolat Montignac
contiennent maintenant du maltitol, un édulcorant à faible indice glycémique qui peut provoquer des ballonnements et de la diarrhée.  Ne connaissant pas ses effets à long terme, et puisqu’il s’agit d’un sucre artificiel, je m’en méfie et je ne le conseille donc pas.  En ce qui concerne les autres édulcorants et l’aspartame, M. Montignac m’a confié être d’accord avec moi sur le fait qu’il est préférable de les éviter totalement (voir article Guide Ressources, janvier 99), même si, dans son livre, il est conservateur et le recommande de façon transitoire.  Je lui ai parlé du stévia qui, je crois, serait la meilleure solution, mais il ne le connaît pas.  Il y a aussi le sucanat (sucre de canne naturel) qui, sans avoir un indice glycémique aussi bas que le stévia, fait déjà moins monter la glycémie que le sucre de table, le miel ou le sirop de riz et constitue, par conséquent, un bon succédané, à utiliser avec modération cependant.  
.

bullet

Pain intégral Montignac :  
Ce qu’il faut savoir, c’est qu’il y a de multiples variétés vendus en magasin d’aliments naturels tout aussi santé et parfois même plus que ce pain.  Le mot «intégral» provient de France. Au Québec, la dénomination correspondante est «farine de blé entier moulue sur pierre».  C’est exactement la même chose, c’est-à-dire que toutes les parties du grain (sauf un léger pourcentage) ont été conservées dans leur intégralité.  Si on indique uniquement farine de blé entier, il s’agit alors d’une farine raffinée à laquelle on rajoute seulement le son; le germe n’est pas inclus.  Les employés des magasins d’aliments naturels et des boulangeries artisanales sont exaspérés de le répéter à leurs clients, qui croient que seul le mot «intégral»est valable.  Il se vend  aussi un pain de kamut Montignac (ou autres marques moins chères) qui est un meilleur choix que le pain de blé intégral pour les groupes sanguins O, puisque pour eux, LE BLÉ EST À ÉVITER.  Sachez que les pains d’épeautre et de seigle à 100 % sont tout aussi valables.  Il faut comprendre que les pains Montignac ont été créés au départ pour les supermarchés qui n’offraient malheureusement pas de vrais pains santé.  
.

bullet

Je n’approuve pas que soient recommandés les édulcorants (exemple : l’aspartame), la saucisse, le jambon, le foie gras et le bacon, non plus qu’il y ait autant de produits laitiers proposés, alors que plusieurs personnes ne peuvent les tolérer; et il est regrettable que le livre ne suggère presque aucune solution de rechange.  
.

bullet

Tout individu est unique; par conséquent, ce régime doit être adapté et surtout individualisé, notamment pour les gens du groupe sanguins A

POINTS FORTS

bullet

Qualité des aliments : 
Elle a permis d’inciter plusieurs personnes à s’intéresser à l’aspect qualitatif des aliments, à la culture biologique, par exemple, aux bienfaits des grains entiers ou des bons gras, à l’ajout de fibres, de même qu’à découvrir de nouveaux aliments, si possible moins raffinés, moins transformés, etc.  
.

bullet

PERTE DE POIDS : 
Constat incontournable, un certain nombre de personnes ont réellement perdu du poids !   Ce qui entraîne, en plus de leur bien-être, une diminution des énormes coûts sociaux associés à l’obésité (diabète, hypertension, maladies cardio-vasculaires, etc.) et cela, ce n’est pas une mince victoire.    

 

Source : Magazine Guide Ressources, juin 1999

horizontal rule

ABO VIE sur www.abovie.com